Élaborer un programme de co-investissement couronné de succès

Contexte

Dans une étude publiée récemment, Preqin, une société d’analyse des actifs non traditionnels, révèle que 77 % des investisseurs qui participent à des placements privés recherchent des investissements directs dans des sociétés, actifs ou opportunistes, aux côtés de commandités (des co-investissements). Selon une autre étude, de Cambridge Associates cette fois, les co-investissements représentent environ 5 % de l’activité totale d’investissement dans des placements privés. L’activité de co-investissement a progressé et devrait continuer de le faire pour les raisons ci-dessous.

  • Davantage de capital est canalisé vers les actifs non traditionnels du fait de niveaux d’actifs institutionnels plus élevés et d’une augmentation de la proportion des fonds qui y est affectée.
  • La participation aux fonds propres exigée par commanditaire augmente puisque les commanditaires cherchent à limiter le nombre d’autres gestionnaires avec lesquels ils s’associent.
  • Les commanditaires cherchent à gérer leurs portefeuilles de manière plus proactive.

Avantages d’un programme de co-investissement

  • Plus grand contrôle du déploiement du capital : Les co-investissements ont généralement des cycles de transaction plus courts, le capital étant tiré en une fois plutôt que sur une durée plus étalée, ce qui permet au commanditaire d’accélérer le déploiement du capital afin d’augmenter la proportion de placements privés.
  • Souplesse des choix de placements : Les co-investissements peuvent être sélectionnés sur une base individuelle, assurant une flexibilité qui permet aux investisseurs de profiter de la conjoncture et de diversifier leurs portefeuilles en ciblant des stratégies, des secteurs et des régions intéressants.
  • Frais totaux moins élevés : Les co-investissements sont souvent assortis de frais de gestion ou d’un intéressement faibles ou nuls pour le gestionnaire, ce qui augmente d’autant les rendements nets pour les commanditaires.
  • Relations plus approfondies avec les gestionnaires de base : Les investisseurs peuvent profiter davantage des relations existantes avec le gestionnaire et de son flux de transactions. La participation à des co-investissements peut approfondir les relations avec le gestionnaire et améliorer la compréhension par les commanditaires du processus d’investissement du gestionnaire.
  • Satisfaire des objectifs particuliers du commanditaire : Le co-investissement confère aux investisseurs une plus grande souplesse et un meilleur contrôle pour éviter certains secteurs ou assurer une exposition à des secteurs plus intéressants que les fonds en gestion commune à fin indéterminée.

S’il y a des avantages pour les commanditaires, il y a aussi un certain nombre de facteurs que les investisseurs qui évaluent la possibilité d’un co-investissement devraient prendre en considération.

Facteurs à considérer

  • Il faut un accord approprié entre les compétences de l’équipe et l’étendue des ressources pour trouver et évaluer des possibilités d’investissement. C’est crucial, puisque les compétences nécessaires pour évaluer un investissement individuel sont nettement différentes de celles nécessaires pour évaluer un fonds.
  • Le processus d’approbation doit être structuré pour permettre des délais plus courts et gérer des problèmes possibles concernant la confidentialité qui découlent de l’investissement direct dans une société plutôt que dans un fonds amalgamé. Les co-investissements exigent habituellement des délais beaucoup plus courts entre la sélection initiale et la conclusion de l’opération que les investissements par des fonds et il est parfois difficile d’anticiper quand exactement ils iront de l’avant. En outre, les exigences de certains commanditaires concernant la transparence et les informations à fournir (p. ex., présentation à une assemblée publique, distribution de documents à un conseil) peuvent constituer des écueils au moment d’investir pour une société.
  • Investir directement dans des entreprises augmente les risques liés à l’actualité comparativement aux investissements par l’entremise de fonds et les réussites et déceptions tendent à se manifester plus tôt dans le cycle de placement comparativement à des engagements dans un fonds. Contrairement aux engagements dans des fonds, les commanditaires sont associés de plus près aux activités de la société parce qu’ils investissent directement dans l’entreprise. En outre, les co-investissements prélèvent le capital au moment de la clôture de l’opération et ont une durée de vie de trois à cinq ans pendant laquelle des changements de valorisation peuvent se produire plus rapidement qu’avec un engagement dans un fonds.
  • Il est crucial, pour le processus de recherche et de sélection, de tirer parti des relations existantes de l’investisseur avec des gestionnaires dans le « portefeuille de base » de placements non traditionnels. La compréhension des forces et des faiblesses des gestionnaires concernant leur processus de placement, leur approche et leurs antécédents pour différents types d’investissements permet aux commanditaires de se concentrer sur les bons partenaires d’investissement. Cette analyse, conjuguée à l’élaboration d’une stratégie de gestion de portefeuille concernant un programme de co-investissement, améliorera le flux de transactions et aide les commanditaires à éviter les « sélections négatives »—un des principaux risques dans la constitution d’un programme.

En résumé, le co-investissement peut apporter d’importants avantages aux commanditaires, mais le processus et l’approche doivent être bien structurés pour accroître les chances de réussite.

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